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Humour et dessins : Le coup de crayon dans les veines

Faites connaissance avec François Maret, notre caricaturiste qui remplit le dos de couverture de notre journal communal depuis trois ans, en collaboration avec Olivier Rappaz pour les textes. Il est tombé très jeune dans la marmite, et depuis coule dans ses veines l’art du dessin décalé, mêlant humour et dérision au gré de ses caricatures et nombreuses publications.


Interview

François Maret, qui êtes-vous ?

Pour mieux connaître quelqu’un, quoi de plus efficace que de fouiller dans son sac ? Bon, dans ma sacoche aujourd’hui et pour ma visite à Chavannes-près-Renens : un livre sur Kandinsky si j’ai du temps dans le train de prendre quelques notes pour mon travail, un magazine historique, une petite trousse de voyage avec crayon, feutre, portemine, gomme…, ma liseuse, une gourde d’eau, un carnet contenant le scénario et le storyboard de mon projet actuel principal, un carnet de croquis pour mon plaisir de dessin avec quelques idées pour la suite de mes activités, mon téléphone.


Vous réalisez des caricatures pour notre journal communal 1022. Quelles sont les autres cordes à votre arc ou vos autres activités ?

Pendant quarante ans j’ai enseigné à temps partiel. Au degré primaire d’abord, puis au Cycle d’orientation ; j’ai terminé ma carrière avec des étudiants du Lycée collège de La Planta à Sion qui avaient choisi arts visuels comme branche spécifique. Un gigantesque plaisir ! J’ai stoppé l’enseignement il y a deux ans. En parallèle depuis toujours, j’ai dessiné. Pour moi, pour des livres scolaires, pour des journaux ou magazines. Le dessin de presse notamment pour le quotidien La Liberté de Fribourg m’a donné la sensation de devenir professionnel.


Et dans les années 2005, la bd (bande dessinée) est venue s’ajouter à ma palette. Un rêve d’enfant qui s’est réalisé. Actuellement, un magnifique projet de bd aux éditions Dunod qui parlera des grands peintres avec humour me prend tout mon temps. Et depuis quelques années, je participe comme éditeur à l’aventure du Gore des Alpes. Une joyeuse équipe de 5 qui travaille avec sérieux et jubilation pour éditer des romans gores ; cette publication offre une vision des Alpes moins idyllique, plus burlesque que celle des publicités touristiques.

Nous en sommes au livre numéro 23. Et puis depuis mi-juillet, en ville de Sion, les familles peuvent se promener à la recherche des statuettes du Petit Peuple de Sion et découvrir les secrets des tribus vivant secrètement dans la capitale valaisanne. Ca peut intéresser vos habitant·es non ?


En quelques décennies, la réalisation d’un dessin a certainement bcp changé sur le plan technique. Comment vous y prenez-vous ?

Depuis une quinzaine d’années, je travaille sur informatique, un écran tablette Cintiq. En fonction du dessin, il peut être totalement numérique, du croquis à la mise au propre. Mais je reviens au papier avec gourmandise, la sensation physique du crayon sur la feuille est irremplaçable. L’ordinateur me sert essentiellement pour la mise en couleur. Régulièrement je teste des médiums différents de mes habitudes et compétences : feutre à alcool, encre acrylique… surtout des outils non informatiques.


Quelle est la réalisation de votre carrière de dessinateur dont vous êtes le plus fier ?

Depuis toujours, je ne peux me contenter d’un style ou d’une technique. Du dessin bd style belge de la série Eden, au graphisme minimal du Populos, aux gribouillis de VenZeance. J’ai besoin de changer. Mais le projet qui m’a ouvert énormément de portes, et qui m’a donné la sensation du professionnalisme et de la reconnaissance, c’est mon personnage du Man in Black. Un assez long apprentissage de la prise en main du pinceau pour aboutir à ce petit personnage en noir et blanc. Il a pu se développer dans la presse, notamment le quotidien La Liberté. Mais avec lui, j’ai créé des bd, des illustrations d’ouvrages scolaires, des illustrations pour les grands et les tout-petits. Le Man in Black est le roi de la mauvaise foi et de l’humour noir, c’est plutôt libérateur.


Y a-t-il un projet dans vos tiroirs que vous rêvez de réaliser depuis longtemps et qui s’apprête à sortir de sa boîte ?

Ce gros projet chez Dunod rassemble tout ce que j’aime : bd, humour le Man in Black, histoire de l’art et transmission des connaissances et des émotions de l’art. J’arrive au bout de l’encrage des 170 planches. Et le projet dont je rêve est toujours le suivant. Pour l’année prochaine, je collabore avec Daniel Cordonnier comme scénariste pour une bande dessinée plus classique de sf (science-fiction). Et quelques autres projets sont « en attente » de finition, de réponse et… d’enthousiasme.


Retrouvez l'entretien en vidéo


François Maret en quelques dates clefs

1981 : Maturité pédagogique, instituteur

1991 : Université de Berne enseignant en arts visuels

1990 : Illustrations d’ouvrages scolaires primaires valaisans, sciences, géographie, histoire

Dès 1991 : Collaboration avec Résonances, mensuel des enseignants valaisans

2000-06 : Naissance du Man in Black, collaboration avec La Liberté, Le Courrier de Genève, Le Quotidien Jurassien, la Wochenzeitung…

2001-2004 : Recueils des dessins de presse du Man in Black

2008 : Intégral Eden chez Paquet, BD

2009 : Ego chez Paquet, BD

2009-11 : Collaboration avec Vigousse, hebdomadaire satirique romand

2017 : CanulART aux Éditions de l’Hèbe, avec ma fille Morgane

2020 : VenZeance au Gore des Alpes, BD

2021 : Monstre Soif au Gore des Alpes, roman


Le miblog : www.francoismaret.ch


Propos recueillis par Olivier Rappaz

Photo et réalisation vidéo par Samuel Brun

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